Olivier Ker Ourio
Il est né à Paris en 1964, mais a passé son enfance à l’île de la Réunion, où ses ancêtres Bretons s’établirent en 1728.
A l’âge de huit ans, ses parents lui offrent un harmonica chromatique (dont joue son père en amateur).
Au début un simple jouet, l’instrument deviendra très vite l’objet d’une passion à vie …
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L’harmoniciste Olivier Ker Ourio
Mon nouvel album "OVERSEA" est sorti le 24 septembre dernier pour Dreyfus Jazz (Sony/BMG). Sur cet album de mes compositions ainsi que de reprises de thèmes de l’Île de la Réunion (d’où je suis originaire), j’ai eu la chance d’enregistrer avec Sylvain Luc qui a dirigé le projet, André Céccarelli, Didier Lockwood, Louis Winsberg, Danyel , Jean-Michel Pilc et bien d’autres...
Mes projets immédiats sont des concerts au Brésil, en Pologne, en Russie, et en France, bien sûr.Calendrier de mes concerts
Je tourne avec mon projet "Oversea", ainsi qu’en duo avec Sylvain Luc, avec "Joko", le 4tet de Sylvain, avec le bassiste Frédéric Monino pour son "Around Jaco" en hommage à Pastorius ...
Je participe également au nouveau projet "Roudennou" de la chanteuse Bretonne Annie Ebrel.
Très honnêtement, pas le temps d’écouter grand-chose ! J’écoute pas mal de choses sur MySpace, surtout la musique de personnes avec qui je corresponds, ou bien des personnes que je rencontre ...
je joue de l’harmonica chromatique, un harmonica à piston qui possède l’intégralité d’une gamme chromatique, sur 3 ou même 4 octaves.
De façon hyper simplifiée, l’harmonica diatonique n’a que les touches blanches du piano, alors que le chromatique a les blanches ... et les noires, ce qui en fait un instrument utilisé aussi bien dans le jazz (Toots Thielemans ...), la musique classique (Concerto de Villa-Lobos ...), la pop (Stevie Wonder ...), la musique de film (Jean de Florette, Manon des Sources, Macadam Cowboy, Paris-Texas, Il était une fois dans l’Ouest ...)
J’utilise en général un micro Shure SM58 que je tiens à la main, il m’arrive d’utiliser un ampli AER comme moniteur de retour, ou les retours fournis par l’organisateur.
Un peu de réverb rend le son plus agréable à jouer, ainsi qu’un peu d’égalisation.
Je joue de la guitare et du piano à la maison pour composer, sur scène je ne joue que de l’harmonica.

Informaticien à la Réunion jusqu’à l’âge de 28 ans, j’ai eu un apprentissage de la musique en autodidacte, puis des échanges avec quelques musiciens m’ont donné envie d’en savoir plus. J’ai alors suivi pendant 4 ans les cours de la classe de jazz du CNR de la Réunion, puis j’ai passé le concours d’entrée de la classe de jazz du CNSM de Paris où j’ai étudié 3 ans.
J’ai évidemment beaucoup écouté les musiciens de jazz. Tout le monde me conseillait de relever les solos des grands jazzmen, mais je l’ai fait assez peu car j’ai assez vite eu envie de trouver mes propres phrases. C’est certainement dû à la spécificité de mon instrument sur lequel les modèles ont été très rares. Une de mes idoles a été Toots Thielemans, un vériable pionnier dans ce domaine.
Mais je pense qu’il ne faut surtout pas écouter que des harmonicistes !
Les rencontres avec les musiciens sont autant d’étapes importantes, et ce "métier" ne s’apprend réellement que sur le terrain. Celui qui a vraiment faim d’apprendre trouvera ses propres solutions. La curiosité, l’enthousiasme et l’amour inconditionnel de la musique me paraissent indispensables !
J’adore le duo, comme par exemple avec Sylvain Luc, pour la liberté de ton qu’il procure et la qualité de la communication. Ceci dit, tous les formats me plaisent, dans la mesure où tout le monde arrive à trouver sa place et son espace sans surcharger la musique. " Tout ce qui est en trop est en moins ", ou " tout ce qui n’est pas là pour construire quelque chose détruit quelque chose " ("Miles"/Alain Gerber).
J’adore les ballades, il y a un tel espace qu’on peut contempler le silence.
Sur l’harmonica chromatique, les tonalités en bémol sont souvent plus fluides à jouer que celles en dièses, ceci dit, il est bon de jouer dans tous les tons !
J’ai bien été obligé, je n’ai jamais eu de prof d’instrument !
"OVERSEA" bien sûr !
Sinon, mes précédents albums :
"Siroko" (E-motive Records)
"Somminkér" (Cobalt) et
"A Ride with The Wind" (Naïve)
Egalement "Around Jaco" de Fred Monino, "Joko" de Sylvain Luc, "Les Rêveurs Lucides" de Fred Jeanne.
Trop de bons musiciens me font rêver pour répondre à cette question, et puis c’est la combinaison des musiciens qui peut être magique ... ou pas !
Cela varie en fonction du nombre de concerts. Mes activités vont de jouer mon instrument à répondre au téléphone, les mails, l’organisation, répondre aux interviews ;=) , écouter des choses, travailler le répertoire du prochain concert, composer, réparer mes instruments, mettre à jour mes sites web, acheter des billets d’avion, aller chercher un visa, et puis surtout donner le concert ... Une vraie vie de fou !
Heureusement que j’ai la chance de travailler avec une agence qui gère maintenant une grande partie de mes activités.
Ça dépend des morceaux, quand quelque chose est difficile, j’y passe plusieurs jours, voire des mois. Je n’ai pas de règles, des fois je pratique à l’hôtel avant le concert, des fois je joue devant la télé (j’adore jouer en regardant des documentaires sur les animaux !).
J’essaye de rester ’"en forme" sur mon instrument de façon générale, et j’écoute ce qui se présente, quand j’ai le temps.
J’écoute surtout la musique en cuisinant, des CDs ou la radio.
Je donne (très peu) de cours particuliers (plus le temps), je donne des cours dans le cadre de master-classes (souvent en rapport avec un concert que je viens donner) et j’enseigne depuis plusieurs années une dizaine de jours par an au CMDL, l’école de Didier Lockwood.
Soyez intimement persuadés que votre vocation est d’être musicien, car le chemin est long et difficile, c’est le chemin de toute une vie, cela exige beaucoup de sacrifices et un engagement entier pour son art. Si vous avez du talent et de la chance, les joies seront peut-être à la hauteur de vos espérances !
La nature, la randonnée, la mer, les voyages, la navigation à voile (bien que je n’en aie que peu de notions techniques), l’histoire du peuplement de l’Océan Indien et de ses îles, les corsaires et les pirates, la plongée sous-marine, le cinéma quand il est bon ...
Ton album "OVERSEA"
Je suis un Réunionnais installé à Paris depuis 15 ans, mais au fond de moi, il y a toujours cette île, peut-être "les îles", les images de la langue créole, un certain "paradis perdu". Depuis 15 ans, j’ai beaucoup voyagé, et peut-être que j’essaye de raconter cet "Outre-Mer" qui est en moi ...
Depuis 3 ans, je joue beaucoup avec Sylvain Luc, nous avons décidé de faire ce disque ensemble, il l’a réalisé et a eu pour objectif de se rapprocher au plus près de "qui je suis".
Tout était composé à l’avance, même si beaucoup d’arrangements se sont faits en studio. Le casting a été fait pour chaque morceau, en pensant à la personne qu’on voulait inviter, parce qu’on pensait qu’elle était la personnalité et la "couleur" que l’on voulait pour ce morceau.
Je viens de donner 4 concerts au SUNSET à Paris pour la sortie d’"Oversea", nous travaillons en ce moment sur des concerts en Europe, une tournée en Afrique de l’Ouest ainsi qu’à la Réunion.

Bon an, mal an, j’arrive à produire des albums non formatés, pour raconter quelque chose que j’espère être original et personnel. C’est un chemin difficile, surtout dans la situation actuelle. Je crois qu’il faut être souple, le monde change vite et nos métiers aussi.
Pour moi, Internet est un concentré d’humanité, avec les travers et les qualités du monde réel. C’’est un fantastique outil d’ouverture, à condition de ne pas oublier la vraie vie ! J’adore recevoir des mails de personnes qui m’ont entendu en concert la veille et qui m’écrivent via mon site, c’est de la vraie proximité ! Je suis aussi sidéré d’être aussi facilement en contact avec des gens de toute la planète, c’est une vraie révolution.
Chacun est libre, pour ma part, j’essaye de raconter de belles histoires musicales, de toucher les gens et de partir en voyage avec eux, ne serait-ce que pendant le temps d’un concert ou d’un album, de miser sur ce qui est bon et sensible en moi et en eux. Si on arrive à communier ensemble de cette façon là, c’est déjà beaucoup je crois.
Olivier Ker Ourio
Merci Olivier, à très bientôt.
Contact et liens web :
Vous pouvez visiter Olivier sur son site ou son MySpace.




